Madagascar: Survol de la communauté des gamers et geek avec Ratsisetraina Dina Valisoa

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Afrocentriklab vous présente notre entrevue avec la pétillante et talentueuse Ratsisetraina Dina Valisoa. Originaire de Madagascar, polyvalente, Dina est la conceptrice, réalisatrice et présentatrice de l’émission bilingue Point GG (Français/Malgache). Elle fait définitivement partie de ceux et celles qui dynamisent l’industrie des jeux vidéo et des applications sur l’Île Rouge.

AFROCENTRIKLAB (A-LAB): Peux-tu te présenter et nous dire qu’est-ce-qui te motive dans la vie?
Ratsisetraina Dina Valisoa (RDV): Ratsisetraina Dina Valisoa, 24 ans, j’aime croire que je pourrai apporter ma petite contribution dans ce monde pour le rendre meilleur. Développer, aider, supporter et encourager les gens passionnés par ce qu’ils font (en particulier dans le secteur TIC et jeu vidéo étant moi même une passionnée par ces milieux)


A-LAB: Peux-tu nous parler de l’émission Point GG ainsi que ton rôle plus particulièrement ?
RDV: Point GG, à la base étant moi même une grande gameuse, c’est un trip né un beau matin au réveil, je disais à mon copain: « Heyy, il se passe vraiment beaucoup de trucs dans le milieu du jeu vidéo à Mada, pourquoi personne n’en parle dans les médias? T’as vu il y a des gens actifs,   des concours comme DoTa, Hearthstone café etc.

Et puis, on ne parle pas assez du développement d’applications, de logiciels, etc. Il y a des malgaches qui développent des jeux vidéo et le peuple n’est pas au courant, je vais faire une émission et la proposer! Allez filme-moi! » Et ainsi, on a tourné l’émission pilote et on l’a proposé à une chaîne locale.


Depuis ce jour, on réalise l’émission ensemble, moi je m’occupe du contenu et du montage et lui – Steevie « Artfeed » Rasoanaivo – s’occupe de l’infographie 3D. On expérimente toujours de nouvelles choses à chaque fois (effets spéciaux, costumes, petites blagues).

Pour ceux qui nous suivent depuis le début, ils auront aussi remarqué qu’on essaie parfois d’introduire doucement, sur un ton humoristique, nos problèmes aux quotidiens (les problèmes de connexion internet, les coupures de courant fréquentes, etc.).

A-LAB: Peux-tu présenter la communauté des gamers/Geek à Madagascar ( Membres, activités, conférences, etc.)?
RDV: L’avènement de la culture geek et des jeux vidéo à Madagascar a été poussé par le manque flagrant d’infrastructures de loisirs.

La communauté des gamers / geek étant étroitement liée à l’accès à internet, on peut aisément dresser un nombre approximatif au vu des profils actifs dans les divers groupes sur les réseaux sociaux, à savoir entre 40.000 et 50.000 profils actifs.

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Cette communauté est devenue de plus en plus active depuis quelques années. En effet, les tournois de jeux vidéo se sont multipliés (Dota Fast Cup Madagascar, Hearthstone Café, Battlefield 3 Mada Cup, etc) ainsi que divers rassemblements et initiatives dans le domaine des TIC (IGDA Madagascar, Coder Dojo et son Coder Bus, Django Girls, Women in Tech Madagascar, Malagasy Flight Simmers et bien d’autres).

Par ailleurs, cette année verra le premier grand salon dédié aux jeux vidéo à Madagascar qui se déroulera en novembre, un événement organisé par Project Alpha à qui l’on doit aussi Let’s Play: The Party.


A-LAB: Quels sont vos liens avec le réseau de gamers internationaux ?

RDV: Bonne question! Notre principale activité est un travail d’information sur les jeux vidéo et la culture geek auprès de nos concitoyens. Cela ne nous empêche pas de voir un peu plus loin, en dehors de nos murs.

Actuellement, l’un des projets le plus sérieux avec des acteurs internationaux est l’organisation d’un tournoi panafricain, visant à montrer au monde la présence d’une grande communauté de joueurs en Afrique.


A-LAB: Quels sont les défis rencontrés par la communauté et quelles sont les solutions proposées ?
RDV: Les principaux défis pour la communauté restent la connexion internet (loin d’être abordable et pourtant de mauvaise qualité) et les coupures de courant très fréquentes à Madagascar. Ce n’est absolument pas pratique pour travailler et jouer en ligne.

Pour ce qui est des solutions, on pourrait éventuellement rassembler la communauté pour exiger un meilleur service client et une transparence vis à vis des entités concernées.


A-LAB: Quel est le potentiel de création d’emplois ?
RDV: En quatre ans, on a vu plusieurs studios de développement se créer à Madagascar. Et même s’ils se comptent encore sur les doigts, cela montre qu’il est possible de faire des jeux vidéo dans un des pays les plus pauvres du monde.

Dans la même veine, on peut citer le nombre croissant de jeunes développeurs qui se sont illustrés dans des concours internationaux (Airtel App Challenge, Gamify it! Hackaton, Webcups etc).

Madagascar est en phase d’accueillir cette génération dans sa population active mais il faudra encore attendre 5 à 10 ans pour vraiment mesurer les retombées en termes d’emplois.

A lire aussi: PointGG : l’émission sur l’industrie des jeux vidéo et la culture Geek à Madagascar.


A-LAB: Un jeu?
RDV: Battlefield 3 🙂 Mais si on parle de jeu local, je soutiens beaucoup le jeu malgache Gazkar: un jeu de course se déroulant dans les ruelles de la capitale qui va sortir bientôt.


A-LAB: MisaotraTompoko !! (Merci en malgache)